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Enquête publique sur le PLU

6 juin 2015 Aucun commentaire

Contribution remise à Monsieur Guy-Michel BRITA -Commissaire enquêteur-  le 5 juin 2015

 

Monsieur le Commissaire enquêteur,

Dans le bilan de concertation sur la révision du PLU, datant de novembre 2014, il est indiqué au dernier paragraphe du point 1.1 sur la révision du PLU que : « la révision du PLU permet notamment de répondre aux nouveaux enjeux urbains de développement des transports en commun et aux évolutions législatives et réglementaires induites par l’adoption du Schéma directeur de la région ile de France, du Plan de déplacement urbain de la région Ile de France, du Programme local de l’habitat de la commune, et la mise en œuvre des lois grenelle II et ALUR ».

Il manque juste à cette longue itération de documents d’orientation, la prise en compte que Rosny sous Bois est une commune de la première commune d’Ile de France à 5km de Paris mais avec un cadre de vie et son cadre de vie.

Ce cadre de vie qui est le sien est basé sur l’esprit village de son architecture et de son urbanisme. Actuellement, il demeure près d’un tiers de la surface urbanisable de la commune avec un tissu pavillonnaire.

Lors des élections municipales de l’an passé et lors de la concertation qui a eu lieu l’an passé, la préservation de ce tissu pavillonnaire a été au centre de toutes les préoccupations. Les habitants ayant été associés aux différentes réunions publiques et ateliers de travail et ont répondu présent.

Ce qui ressort de cette phase de concertation est une attente de vision de la commune à 5 ans, et de son environnement de l’est parisien à 10 ans et dans le Grand Paris à 50 ans. Une vision raisonnée de régénération mais également de développement.

L’urbanisme est à la vie communale ce que la colonne vertébrale est au corps. Il est donc indispensable au bon équilibre d’une ville et conditionne son développement harmonieux.

Pour notre commune, cela doit se faire entre autres, avec un souci permanent de préservation du patrimoine urbanistique (pierre meulière, architecture caractéristique, tissu pavillonnaire) et une écologie accrue (arbres préservés et plantations nouvelles, jardins ouvriers, création d’espace vert de proximité sans omettre les projets déjà en cours comme au plateau d’Avron).

L’évolution de notre ville doit aussi se faire sans que ne se développe un sentiment d’étouffement sous l’ombre des nouvelles constructions. Densification ne peut et ne doit en aucun cas être synonyme de bétonnage ni d’asservissement à la politique de rentabilité de tel ou tel promoteur.

Le rôle d’aménageur de la commune s’entend dans l’intérêt général et pour son avenir collectif.

Encore arboricole dans les années 60, Rosny sous Bois est entrée dans le XXIème siècle sans jamais s’engager dans une urbanisation forcée à l’image de Levallois Perret par exemple. Tout simplement parce ce que cela ne correspond en rien aux attentes de ses habitants et que les décisions des élus jusqu’à maintenant ont permis de conserver un esprit village à notre commune. Et ce, comme de nombreuses autres communes proches : Villemomble, Noisy le Sec, Neuilly-Plaisance…

Pour autant, cela n’a pas empêché la commune de voir sa population croitre de 500 habitants par an et de tenir compte des besoins de densification de la métropole.

Notre commune a connu des phases de croissance rapide et cela ne s’est jamais traduit par un cadre de vie qui a suivi :

  • Passage de terrains agricoles à la construction de 6 tours de 18 étages à la Boissière dans les années 70 : ce quartier est un quartier dortoir excentré,
  • Construction de Rosny 2000 en plein centre-ville – barre de 10 étages en lieu et place d’immeubles en R+3 : barre inesthétique et bloquant toute évolution urbanistique du centre-ville,
  • ou encore plus récemment, la construction du quartier des Portes de Rosny : construction d’un « bloc » avec des logements exposés au bruit (autoroute / routes nationales), aucune recherche architecturale, dégradation rapide du bâti, turn-over important de familles dans les logements, éloignement des écoles et équipements publics…
  • La croissance du nombre de logement se situait entre 150 (point mort de population) et 200 préservant les quartiers à vocation pavillonnaire autour du centre-ville, des Boutours, Victor-Hugo – Jaurès et République, les coteaux et le plateau d’Avron…

Ce qui pose problème dans la réflexion menée dans les orientations de la révision actuelle du PLU, c’est une accélération forte des constructions. Notre groupe politique a voté contre l’objectif de construction de 325 logements par an pendant 5 ans comme cela a été proposé dans la délibération sur le PLH en 2014. Cet objectif de 325 logements étant en total décalage avec les résultats de la concertation (et que personne n’a contesté) – point 4.2.1 secteur en développement (page 20) sur les sous-secteurs UA et qui dit que :

  • le développement urbain doit être conditionné à l’arrivée des transports en commun,
  • il est nécessaire de créer de nouveaux équipements pour accompagner l’arrivée de nouveaux habitants,
  • les riverains souhaitent obtenir davantage d’information sur la ZAC de la Mare Huguet (secteurs UaR2 et UaR2a) et voudraient voir évoluer les règles du secteur Manouchian et Mare Huguet,
  • certains s’interrogent sur le périmètre de gel du secteur du Grand Pré et du rôle de l’EPFIF.

Sans compter, l’éventuelle perspective inacceptable d’une opération d’intérêt national (OIN) qui attribuerait à Rosny la construction de 5.200 logements. Mais sans préciser que c’est aux communes de supporter les conséquences sociales et assurer tous les aménagements.

Sur les exemples ci-dessus, notre commune accumule déjà les retards et n’arrive pas à répondre aux besoins actuels :

  • aucun quartier ne doit être oublié. Celui du Pré Gentil (près de 7.000 habitants à forte vocation sociale) sera trop loin du T1 pour bénéficier réellement en bénéficier, est en grande souffrance avec une seule ligne bus (ligne 116 de la RATP) pour se rendre aux gares du RER E. C’est pourquoi le PLU actuel doit intégrer un projet d’arrêt intermédiaire dans la phase 2 de la ligne 15 (angle Leclerc / Manouchian),
  • le quartier de la Boissière qui voit les zones qui ont été urbanisées dans les années 90 / 2000 (Bd de la Boissière / rue des Tulipiers / rue Jean Allemane) ne plus être concerné directement par l’arrivée du métro ligne 11 qui va desservir prioritairement le centre commercial DOMUS, au détriment des habitants. Il en est de même pour les habitants du nord du centre-ville (angle De Gaulle – Péri). Et ce, contrairement au premier tracé qui avait été adopté te qui avait une réelle pertinence de desserte des populations.
  • Le quartier de la Mare Huguet devait être doté d’un groupe scolaire (maternelle et primaire) in situ mais qui prend de plus en plus de retard et dans une certaine incohérence. D’une part, le groupe scolaire initial est éclaté en deux parties : construction de l’école maternelle sur le parking du marché (surcout de 1,3 millions d’€ environ) à 300 mètres de l’emplacement initial avec l’obligation de traverser une route départementale. Et, la perspective d’une école primaire encore plus loi sur le parking de la Mairie ; soit un trajet de 500 mètres dans le meilleurs des cas. Outre le décalage avéré avec l’arrivée des nouveaux habitants et l’ouverture du groupe scolaire complet, cela va générer des déplacements supplémentaires (surement en véhicule motorisé), avec un mécontentement probable du cheminement à la clé. Les mêmes interrogations se font jour sur la ZAC de la Saussaie Beauclair (hauteurs maximales, distances entre les constructions, voies de cheminement est-ouest et surtou nord sud, équipements publics…). Cela semble être le résultat de maximalisation de rentabilité pour les promoteurs au détriment du bien être des nouveaux habitants, avec un fort risque de turnover, notamment pour les jeunes ménages.
  • Sur les informations relatives à la Mare Huguet, il est caricatural de noter l’évolution du projet initial et la réalité de l’urbanisation en cours. En 2008, l’obtention du prix de la Marianne d’Or le quartier de la Mare Huguet visait à recomposer un projet d’éco quartier sur 3 Ha avec 350 logements prévus, un cheminement uniquement piétonnier, un enlèvement des ordures ménagères par pneumatique… 7 ans après, il n’y a plus de centre commercial mais une supérette, plus de résidence mutualiste, plus d’école ou de pneumatique, mais 590 logements + 344 chambres pour étudiants avec une maximalisation de la surface à construire en R+6 avec attique. A quoi s’ajoutent, 65 logements à l’angle de la rue de la prévoyance, de 76 logements du 38 au 48 rue Jean Jaurès à la place de 5 pavillons, 69 logements en bout de la rue Pascal… ces constructions sont régulièrement contestés par les riverains et les élus de notre groupe pour demander des hauteur maximales en R+3 avec attique et recul de 2 mètres supplémentaires du front de rue pour faciliter les circulations douces (piétons, rollers, vélos, poussettes…). Au total, ceux ne sont pas moins de 400 logements supplémentaires en plus sur la ZAC avec à terme 2.800 nouveaux habitants et une évolution de la ZAC sans information transparente. Il en est de même sur la partie basse de la rue du général Leclerc, des rues Manouckian et Lavoisier, où là aussi, il y a une bétonisation du quartier aboutissant à la juxtaposition forcée d’immeuble en R+6 +7 avec des pavillons.
  • Sur le gel du projet du Grand Pré, il est nécessaire de disposer de transparence sur le vrai projet sur ce quartier : logements denses avec une hauteur importante, bureaux… et la vitesse de son évolution. Ce quartier est un microcosme très particulier avec de nombreux jardins de plusieurs dizaines voire centaines de mètres carrés en prolongement des pavillons, et des résidents qui sont implantés de longue date. Leur départ, la disparition totale du tissu pavillonnaire de ce secteur par le rachat du foncier par l’EPFIF (procédure de la préemption) ou sous la pression des promoteurs ferait disparaitre le cadre de vie actuel de ce quartier pour transposer celui des portes de Rosny avec les désagréments évoqués ci-avant.

Quelques propositions sur les secteurs en développement :

  •  Sur le nord de l’avenue Jean Jaurès (rues Pascal/Marcelin Berthelot à la rue Victor Hugo), zone UBa côté ZAC de la Mare Huguet et UB côté rue Victor Hugo (zone UAa du PLU de 2009) : au-delà de 3 étages, les immeubles à toiture en pente n’apportent plus une transition raisonnable souhaitée avec le caractère pavillonnaire du quartier. Une limitation des futures constructions à R+2 + combles, permettrait une densification raisonnable et éviterait d’ « écraser » les pavillons environnants.
  • Les cœurs d’îlots dans le nord de l’avenue Jean Jaurès (zone UBa et UB) ne sont pas protégés par le règlement proposé puisque des bâtiments pourront être construits à seulement 6 mètres de la limite des parcelles pavillonnaires. Il conviendrait de limiter la zone de constructibilité à 30 mètres de profondeur.
  • La rue Pascal est une petite voie qui, outre la sortie des habitants de la résidence des Longues Raies, devra supporter également la sortie des immeubles du sud de la ZAC de la Mare Huguet. Une demande de permis de construire vient d’être déposée en mairie le 28 avril 2015 pour 69 logements dans cette rue. Une densification supplémentaire dans la rue Pascal sera néfaste tant pour les habitants des collectifs des Longues Raies et de la Mare Huguet que pour les riverains de cette rue et de la rue Galilée. Elle alourdira le trafic qui existe déjà dans ces rues. La rue Pascal actuellement en zone UBa doit passer en zone UD sur sa totalité, comme cela est proposé pour la rue Marcelin Berthelot. Les zones UBa et UB doivent rester des zones de transition, entre la densité massive de la ZAC et la zone pavillonnaire des Boutours, ainsi que du sud de l’avenue Jean Jaurès.

Sur le 4.2.1 relatif au centre-ville, les éléments disponibles ne permettent pas d’apprécier une vraie réponse aux attentes de commerces et d’équipement. Parmi les éléments à prendre en compte, il y a la nécessité de redonner une place à part entière aux piétons, avec l’obligation de reculer toutes les constructions de 2 mètres sur les rues Gallieni / nord De Gaulle / début Gardebled / Cavaré, ainsi que sur le début de la rue du Général Leclerc pour élargir les circulations piétonnes confortables (deux personnes avec poussettes doivent pouvoir se croiser), sans obstacles (aucun mobilier urbain au milieu) et apaisées. Actuellement le cheminement piétonnier ouest de la rue relève du parcours d’obstacles. La construction récente (moins de 5 ans) de l’immeuble à l’angle de la rue Saint-Denis / de Gaulle au ras de la rue (trottoir d’à peine 1 mètre contre plus de 2 mètres avant) a contraint au déplacement d’un arrêt de bus dont l’espace d’attente prend à présent tout le trottoir et devant un commerce qui a beaucoup de mal à travailler.

L’installation de commerces doit se faire prioritairement sur le haut de la rue du Général Leclerc et sur la rue Paul Cavaré pour renforcer l’attractivité du centre-ville et limiter les besoins de mobilités fortement consommateurs de temps. Les autres quartiers de Rosny ne doivent pas être oubliés à la fois pour répondre aux besoins de la population mais également pour que les déplacements se fasse le plus possible en circulations douces, voire transport en commun de proximité au lieu de la voiture personnelle avec un seul passager à bord.

Enfin, sur la protection du patrimoine, les contributions des habitants sur les bâtiments et arbres remarquables a conduit à une prise en compte dans le document de synthèse. Mais cette prise en compte est insuffisante eut égard aux nombreuses et pertinentes contributions. Et surtout, il est absolument nécessaire de réintégrer un périmètre de protection aux abords des bâtiments classés remarquables. Il reste maintenant à confirmer dans les recommandations, leur sanctuarisation pour les protéger réellement et durablement.

Sur les secteurs en transition 4.2.3 (zone Ub et sous-secteurs), le passage de nombreux secteurs de la zone Ud vers cette nouvelle sectorisation vise à densifier sans discernement avec des hauteurs trop importantes et une constructibilité trop forte notamment en cœur d’ilot. Un retour en zone Ud avec création de sous-secteur permettrait de répondre à la prise en compte de l’évolution nécessaire des rues à fort passage, et avec une insertion urbaine harmonieuse.

Pierre-Olivier CAREL

Président du groupe Démocrates et Centristes

 

 

 

 

 

 

 

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