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Plan d’Aménagement et de Développement Durable 2013-2018 – Intervention de Pierre-Olivier CAREL – Président du groupe Démocrates et Centristes

20 décembre 2013 Aucun commentaire

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le Maire,
Mes chers Collègues,
Mesdames et Messieurs les rosnéens,

Sur le dossier du Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) qui nous est présenté ce soir (2ème étape après le vote du Plan Local de l’Habitat au mois de juin 2013 dans le cadre de la révision du Plan Local d’urbanisme), une grande partie des points abordés fait consensus.

Qui pourrait être contre le développement des modes doux (vélos marche à pied), la production d’énergie propre (géothermie…) ou encore la création d’espaces verts (squares, parcs, espace Natura 2000 du plateau d’Avron) ?

Mais si le constat est globalement partagé, sur plusieurs points les réponses que j’y apporterai sont sensiblement différentes.

Après une première lecture du document, j’ai relu très attentivement les 20 pages du PADD présenté à cette même assemblée en 2009. Beaucoup de copié-collé de paragraphes et des constats qui appellent les mêmes recommandations. Ce qui traduit qu’en 4 ans, le nombre d’avancées a été très limité, soit parce que les objectifs sont trop ambitieux, soit parce que ne relevant pas des compétences d’un Maire. Je pourrais vous en faire une lecture détaillée très instructive, mais ce serait bien trop long pour le temps limité qui m’est imparti.
Pour le respecter, je vais donc me concentrer sur 4 points saillants : l’urbanisme, le développement économique, les services aux habitants et les déplacements.

Sur l’urbanisme
En 2009, pour « poursuivre un développement équilibré et durable : une ville responsable et dynamique », il fallait construire 180 à 200 logements. En 2013, pour atteindre les mêmes objectifs, il en faut 325, soit 100 à 150 de plus avec comme impératif de densifier les « secteurs opérationnels » autour des futures gares de métro et tramway. Donc quand on regarde la carte de la page 9, à part les quartiers en limite de Neuilly-Plaisance et le plateau d’Avron, tout le reste de la ville est impacté.
Pour cela des termes très « urbanistiques » sont employés :
• Sur le secteur du Grand Pré : « recréer un front urbain mixte le long de l’avenue du Général de Gaulle », en français compréhensible pour les rosnéens des immeubles tout le long. A l’instar du Renaissance, l’immeuble avance et le trottoir est réduit à la portion congrue,
• Sur « le secteur sud composé principalement d’un tissu pavillonnaire, il est nécessaire de ménager des transitions entre ces différents secteurs ». A l’angle Manouchian – Lavoisier un immeuble de 16 à 18m de haut mitoyen d’un pavillon est en cours construction. La seule transition du propriétaire est une vente quasi obligée, pour en faire ce qui est pudiquement appelé, je cite « un travail de restructuration des ilots au gré des opportunités ». Et appelé dans la vie de tous les jours : des immeubles et encore des immeubles… Il y a des cas où il faut prendre en compte le droit des habitants installés à jouir d’un minimum de cadre de vie. Sur ce projet, pourquoi pas ne pas exercer votre pouvoir de sursoir à statuer pour remettre à plat les conditions de la transition entre immeubles et pavillons ?
Cet exemple serait anecdotique, si ce n’était que la rue Jean Jaurès (page 8) est le prochain identifié sur la liste ; sachant qu’il est écrit, quelques lignes plus haut, pour se donner bonne conscience certainement, je cite : « les secteurs pavillonnaires et le cœur d’ilot participent pleinement à la trame verte du territoire, ils doivent être conservés et préservés ». Il est vrai qu’un vieux dicton dit que « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ». Mais attention, à force de réduire la taille du cœur alors que le corps ne cesse de grandir, il finit par ne plus battre…

• Bien qu’il y en ait tant d’autres termes tout aussi révélateurs, je vous citerai page 10, la « logique de consommation foncière responsable, respectueuse du cadre urbain et des respirations végétales du tissu ». Tout un programme. Comme chaque mot a un sens, j’ai donc recherché celui du terme central de cette phrase, le mot consommation. J’ai donc ouvert le Petit Robert qui précise :
o « action d’amener une chose à son plein accomplissement,
o action de faire des choses un usage unique qui les détruits ou les rends inutilisable
».

Vouloir une « logique de consommation foncière » est donc purement et simplement incomptable avec le respect du respect du cadre urbain ; puisque c’est son contraire. Densifier à marche forcée n’est donc pas une voie d’avenir, ni pour la préservation des équilibres sociaux, ni pour assurer un développement harmonieux de notre ville en bouleversant ses quartiers. Construire n’est pas un but en soi alors que répondre concrètement aux besoins des rosnéens qui ne sont pas tous proches d’un espace vert de plus d’1 Ha, ni même d’une square de proximité. Là, il y a un vrai enjeu de ville attractive qu’une ZAC comme la Mare Huguet ne pourra offrir en opportunité à chaque nouvelle construction. Faire le choix de limiter résolument les hauteurs à R+2 et exceptionnellement R+4, là il y a un vrai choix politique à assumer.

Je note enfin que dans le paragraphe « Préserver les équilibres démographiques rosnéens » (p7), il est indiqué une préoccupation sur la « diminution ou l’augmentation des logements vides ». Quand on étudie les chiffres sur les villes environnantes, on s’aperçoit que Rosny maintient un niveau important de logements vides (plus de mille), en augmentation entre 1999 et 2009 malgré une forte demande de logements en Ile de France, alors que les autres villes (Neuilly Plaisance – Montreuil ou encore Villemomble) ont vu leur nombre de logements vides en diminution. Y aurait-il dans cette ville uniquement des placements dans la pierre fait par des investisseurs peu scrupuleux du bien être des gens ? On peut s’interroger !
-chiffres INSEE mise à jour en juin 2012 :
Ville 2009 1999Rosny 1069 1021
Neuilly Plaisance 428 613
Montreuil 2419 4278
Villemomble 738 1003
Seine-Saint-Denis 32042 49116

Sur le développement économique
Le constat fait par le cabinet Brès – Mariolle est un copié-collé de 2009 : si Rosny dispose d’une activité commerciale puissante, portée par Rosny 2 et DOMUS, il est écrit noir sur blanc que « l’emploi tertiaire s’ancre plus difficilement sur le territoire, en partie à cause de l’image trop commerciale de Rosny ». Donc, on peut s’attendre à ce que les efforts soient portés vers le commerce de proximité (page 14) pour amorcer une reconquête dans tous les quartiers.
Au lieu de cela, les objectifs ne relèvent que de quelques incantations car le vrai but est ailleurs : dans le « renouvellement de l’image économique de Rosny sur la scène du Grand Est francilien », et quelques lignes plus bas, il est précisé les priorités en la matière :
1. le sud de la commune en lien avec le Péripôle de Fontenay et le nord sur la Zone Montgolfier,
2. la poursuite du déplacement des zones commerciales – ce que vous appelez lien direct avec le centre-ville – vers Rosny 2.
Exit donc comme axe majeur, la rue Leclerc ou encore le centre commercial des 10.000 Rosiers. C’est une erreur car le développement économique de proximité crée aujourd’hui plus d’emploi et de richesses qu’un hypothétique grand employeur.

Sur les services aux habitants
S’il est exact que le taux d’équipements Petite Enfance est très satisfaisant et les capacités d’accueil ont optimisées, il est une réalité que ces équipements Enfance peinent de plus en plus à satisfaire la demande en garde des jeunes actifs. Dans 5 ans avec 5.000 habitants de plus et une liste d’attente encore plus logue pour obtenir une place, Rosny sera-t-elle une ville plus facile à vivre ? Idem pour faire face au vieillissement de la population. La réponse est bien évidemment non et plaide une nouvelle fois pour une révision de cet objectif insensé pour notre commune.

Sur les déplacements
Le constat sur les déplacements est sans appel. Depuis 2009, il est quasiment le même :
• stationnement sauvage,
• nécessité d’améliorer les conditions de circulation en différenciant les types de trafic (desserte, transit intercommunal, accès aux grandes infrastructures),
• renforcer les liaisons inter-quartiers en définissant une maille structurante, etc. etc. etc.
Avec à nouveau comme recommandation que la ville envisage la mise en place d’un plan de circulation… Entre 2009 et 2013, aucun vrai de plan circulation n’a donc été élaboré ; donc rendez-vous à la prochaine révision du PADD et entre temps il est à espérer que de nouveaux exemples comme les Portes de Rosny ne voient plus le jour.
Concernant, la passerelle entre DOMUS et ROSNY 2 quel est donc le projet ? Dans tous les cas, il serait bien entendu que ce sont les deux centres commerciaux qui prendraient cet aménagement, 100% à leur charge.

Sur l’arrivée du métro ligne 11, le choix de passer au nord par la station DOMUS – Londeau, impliquant le choix de la station Boissière 2 vise clairement à privilégier la tentative de redressement d’une centre commercial qui ne fait plus illusion alors qu’un choix avec un passage par le sud avec une station à l’angle Gabriel Péri / de Gaulle aurait facilité l’accès des habitants du nord du centre-ville / quartier Péri et de ceux qui habiteront sur la ZAC du Grand Pré. Cela aurait été mon choix.

Sur le plongement de la ligne 15 de Rosny Bois-Perrier à Champigny sur Marne, il est encore temps de penser un trajet avec un passage plus à l’est avant de rejoindre Val de Fontenay pour créer une station de métro à l’angle des rues Leclerc et Manouchian pour désenclaver le secteur Lavoisier / Pré gentil. Et donner à une nouvelle dimension à l’aménagement de la Ville.

J’aurais aimé aborder d’autres points, sur un document qui aborde la vision de notre ville à moyen et long terme, mais le temps m’étant compté, je m’arrête donc là.

Pierre-Olivier CAREL
Président du groupe Démocrates et Centristes
Permanence sur rdv : elus@modem-rosny.fr ou 06-75-99-80-26
BP 52 – 93114 Rosny sous Bois cedex

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